3° séance avec des enfants aveugles, été 2011

Publié le par ajajdr

 

(Attention, cet article a initialement été écrit pour le site de l’AJA Omnisports, site peu commun des Jeux de Rôles, d’où certaines précisions que les rôlistes trouverons sans doute surprenantes)

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Compte-rendu du mercredi 27 juillet 2011

Problème de durée :

 En discutant avec les parents des enfants, nous sommes arrivé à la même conclusion : 2h de séance, c’est trop long. Pour l’approche du club, consultez le précédent compte-rendu. En tant que parents, eux considèrent la « charge » des activités des enfants. Ils ont en effet des journées heureuses, mais assez intensives. Le matin et l’après-midi, ils sont en effet à une sorte de centre aéré, qui a fait l’effort d’être aussi ouvert aux enfants Déficients Visuels (abrégeable DV). Objectif du jour : séance entre 1h et 1h30, maximum.


Un journaliste de presse (écrite) est venu nous interviewer : la présidente de l’association « Enfant Aveugle », les 2 joueurs Déficients Visuels et le MJ du club.

J’étais assez inquiet, surtout que mes dernières expériences (pas bonne du tout) avec la presse papier remontaient à 15 ans, dans ma région natale. Là, j’ai contacté le journal, et j’ai eut 3 interlocuteurs différents successifs, par rapports à l’article, et c’est un 4° qui s’est annoncé pour l’interview. Cela est apparemment normal dans les « grosses boites ». Quand j’ai eut le journaliste au téléphone, il avait une voix molle, et un ton qui « planait ». Arrivé au gîte des enfants, il avait le nez qui coule, les yeux vitreux, le paquet de mouchoirs à la main : tout s’expliquait.

Il a voulut aussi assister au début de la séance pour prendre quelques photos. Mais cela l’a tant intéressé et épaté, qu’il est resté toute la séance. Dans son adolescence, il avait connu le Jeu de Rôles « papier-crayon », mais avec des jeux où il fallait 2h pour faire sa feuille de personnage, et plusieurs séances avant d’assimiler les bases du complexe système de règle. Du coup, cela ne l’avait pas hyper-passionné. Là, il était très surpris de voir des enfants (moyenne d’age, 11 ans) avoir mémorisé et compris les règles (simples), d’interagir sans difficulté, et rester attentif toute la séance. Je pense qu’il a compris que jouer avec un système de règle complexe, n’était pas un but en soit, postulat qui transparaissait dans les questions qu’il avait posé à Samuel. Le journaliste avait par exemple demandé à Samuel s’il ne regrettait pas de ne pas jouer avec un Jeu de Rôles plus complexe ; s’il n’était pas impatient d’y jouer.

Bref, plus qu’à attendre l’article (pour samedi, sans doute).

 

Une seule table de jeu : et oui, le second MJ a eut de nouveau un empêchement. Il se précise cependant que durant cette première semaine, il n’y a pas tant d’enfants, et qu’il y en aura plus en seconde semaine. Les choses se font donc pour le mieux.

Présents :

Margot R, Diego R, Samuel D, Théo R. 

Durée : 1h20

Objectif tenu, donc. Samuel m’a exprimé son regret que la séance ne soit pas plus longue. Mais bon, il faut bien s’adapter au plus grand nombre.

Objectif secondaire tenu aussi : Margot est venue jouer, elle a participé, et elle m’a dit à la fin qu’elle avait trouvé cela plus amusant que les 2 première fois. Sans elle, l’effectif aurait été un peu réduit, surtout qu’elle aurait put dire aux autres débutants que le Jeu de Rôles, « c’est pas top ». Là, j’espère que l’effet sera inverse. En 2° semaines, Théo sera rentré chez lui, et 4 autres enfants DV viendront (et seront débutants).

Résumé :

Pour tenir l’objectif de durée, le scénario s’est soudainement très refermé. Les joueurs étaient sur des railles, passant d’étapes en étapes. Pour passer d’une étape à l’autre, ils ont suivit les indices que le MJ leur tenait. Un peu comme un jeu de piste. L’un des joueurs a eut une vision (il était assommé) : un ange lui a dit que c’était le Dieu Serpent qui menaçait le monde. Il l’a dit aux autres (un peu de roleplay : parler comme parlerait son personnage, du théâtre en miniature). Les PJ ont été se renseigner sur ce Dieu, dans un temple. Ils ont appris entre autres que le culte de ce Dieu était pourchassé et que cela fesait 2 siècles qu’on ne les avait plus vu : depuis que la garde avait trouvé et vidé leur crypte noir. Les joueurs sont donc aller voir de plus près cette crypte… où des adorateurs menés par un homme-serpent, les ont attaqué. C’est claire : le culte honnis a repris beaucoup de vigueur.

Les PJ ont un prisonnier et sont dans la crypte quand la séance a été achevée. 

Méthodologie :

Comme l’été dernier (cf comptes-rendus correspondant), la complexité des règles a été croissante, sauf que comme j’avais des joueurs expérimentés, je ne l’ai pas fait sur 7 séances, comme l’an dernier, mais sur 3.

Première séance : les joueurs débutant ont choisit pour leur personnage : le sexe, la race (elfe, humain, nain…) et sa classe (son savoir-faire ; et ils ont tous choisit guerrier), puis les grandes lignes de leur équipement (armes et armures ; le sac à dos étant fournit d’office avec « pleins de trucs dedans »), et enfin : age et nom. Et là, ils sont déjà à l’overdose. Donc : aucun chiffre. Il faut lancer un d20 (dé à 20 faces) et faire le résultat le plus élevé. Le MJ tranche si l’action est réussit ou non. Un conseil supplémentaire : dire le seuil de difficulté (le seuil minimum à faire au dé) avant que le joueur lance son dé. C’est plus ludique ; et sinon, il se tourne ensuite vers le MJ qui tranche alors : ça fait un peu dictateur qu’il faut corrompre pour qu’il dise que l’action est réussit. Alors forcément, le seuil n’est pas le même pour « Pierre, Paul, Jacques », pour la même action. Il suffit alors de dire que « mais c’est normale : ils ont des points forts différents, alors c’est plus ou moins dure selon les personnages ». Même si c’est sur une feuille blanche qui sera jeté la 3° séances, il peut être intéressant de faire écrire ses choix aux joueurs voyants : cela leur permet de donner corps au jeu. L’an dernier, comme l’étape avait duré plus longtemps, les non-voyant avait écrit ces informations en braille sur papier ; mais là, nous nous en sommes passé.

Deuxième séance : Le MJ a fait les feuilles de PJ lui-même : plaçant les points (etc) logiquement en fonction des choix faits, et il a fournit aux joueurs les valeurs clefs : points de vie (PV), bonus pour attaquer, dégâts infligé si l’attaque réussit, protection que l’ennemi doit franchir pour blesser le PJ. Pour toute les actions nécessitant d’autres chiffres, le MJ a une feuille récapitulant toute les valeurs de tout les PJ, et les donne à l’oral.

Troisième séance : on passe à la vraie feuille de PJ, avec toutes les valeurs. Attention, à Microlite20, il n’y en a pas pour autant tant que ça. Samuel a donc sortit son bloque-note-braille (genre d’ordinateur portable sans écran, avec une interface braille) où il a saisit ses valeurs. Théo a mis ses valeurs sur le système de Carton-à-Cubarythme (cf explication dans le reportage vidéo amateur de l’an dernier). Les 2 autres joueurs, voyants, ont utilisé les feuilles de PJ classiques (papier imprimé, donc).

Enfin, il faut aussi valoriser les propositions et les choix des joueurs. Par exemple le MJ reprend, « Oui, Margot propose de retourner au temple pour se renseigner ! Qui est d’accord ? Qui a d’autre idée ? ». Ainsi, même si Margot était timide, ou serait étouffé par la joie de jouer de Samuel, tout le groupe a clairement entendu son idée. En même temps, la porte est ouverte à d’autres propositions. Tout en amorçant un genre de « vote », pour que le choix de l’action suivante soit la plus rapide possible.

Tout en passant d’étape en étape, le MJ décrit un minimum le monde jeu, le personnage secondaire qui vient aider les joueurs, le transport d’un point à un autre. Il ne faut pas non-plus limiter le jeu de rôles à un jeu de lancé de dés. 

Des photos auraient dû être prises… Elles le seront sans doute demain. Promis, vous aurez aussi des images.

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